Saperlipopette, je vais avoir 31 ans et j’ignore ce que « megalodon » veut dire !

J’ai voulu jouer… Je vous ai proposé de me donner des mots que je placerais dans un article. Quelle idée j’ai eue ! Voilà, j’ai essayé plus ou moins subtilement de gagner la partie. Pour ceux qui n’ont pas suivi ; c’est sur la page Facebook que ça s’est passé.

Cette semaine, il se passe un truc dramatique dans ma vie, je « fête » mon anniversaire… Il y a  un truc étrange avec les anniversaires.

Jusqu’à un certain âge, on trouve ça génial de se dire qu’on devient un grand. Lorsque j’ai eu douze ans, j’ai adoré me dire « j’ai douze ans ». Je trouvais que c’était un âge qui en imposait. Douze ans, j’ai mes règles, j’enfile des brassières en imaginant que ce sont des soutiens gorges qui portent des seins aussi microscopiques que des mitochondriesHallelujah ! Les choses deviennent sérieuses. Et pendant la dizaine d’années qui a suivi, mon anniversaire était juste synonyme  de liberté et de transgressions qui s’offraient à moi…

Pendant toute une journée, on reçoit des coups de fil, des attentions, on a le sentiment d’être quelqu’un d’important, parce que tout le monde pense à nous. En réalité, vous savez très bien comme vous êtes, vous, lorsque c’est l’anniversaire de quelqu’un. Toute la journée vous vous dites : RRoooohhh, faut que je pense à appeler l’autre Chafouin, c’est son anniv. Je ferai ça taleur, pas le temps. Et quand taleur arrive, vous n’avez pas envie d’appeler, vous finissez par envoyer un sms à 23h57, « Et non, j’tai pas oublié !! Journée de fou mais j’ai pensé à toi toute la journée (ce qui est vrai au final), je te fais mille bisous pour ton anniversaire, je bois un Mojitoà ta santé (=j’ai d’autres amis que toi et je festoie avec eux ce soir) je t’apl dans la semaine (oui, c’est ça^^) » et vous rajoutez un ptit « inférieur 3 » pour montrer que vous l’aimez bien votre chafouin.  On n’est pas tous atteint de la procrastination de l’anniv’. Certains adorent ça, ils appellent les intéressés, leur envoient un ptit message et éventuellement un smiley sur leur mur. Et quand tu les vois, ils te disent « ah oui, le chafouin ! J’ai eu de ses nouvelles, je l’ai appelé pour son anniv. » Histoire de montrer qu’eux, n’ont pas oublié et deviennent donc par-là nettement plus estimables que vous. « En même temps, avec Facebook, t’as aucun mérite à t’en souvenir banane ! ». D’ailleurs, ceux qui ne sont que de vagues connaissances, je vous promets que si vous ne m’écrivez pas sur Facebook cette année, je ne vous ferais pas la gueule.

Quand j’ai compris tout ce qu’un anniversaire pouvait révéler d’hypocrisie. J’ai cessé d’être une enfant. J’ai compris que les gens n’attendaient pas TOUTE l’année pour me souhaiter mon anniversaire. Ils s’en tapent un peu. C’est juste que c’est comme ça, ça se fait. Pourtant, on célèbre un jour dont on ne se souvient même pas. Quand je suis devenue maman, les anniversaires de mes filles se sont mis à primer sur les miens. Parce que lorsque je fête l’anniversaire de l’une d’entre elles, je me refais le scénario de leur naissance à chaque instant de la journée. Oui parce que jusqu’à preuve du contraire, l’homme ne se reproduit pas par parthénogenèse, donc, on a souffert, donc on s’en souvient ! C’est surtout valable pour la première bougie de bébé, parce qu’un PREMIER anniversaire, c’est quelque chose…  Après, on y pense moins. Cette année, plutôt que de m’appeler, faites un petit coucou à ma mère, ça la touchera probablement, en revanche, les cadeaux, ça ne me dérange pas. Valé me prépare une surprise particulière, je n’arrive pas à savoir de quoi il s’agit, mais j’espère que ce sera une soirée avec Trémoulinas et qu’on se videra un Jéroboam, ou alors un voyage au Venezuela ? Au pire, un Rabbit fera l’affaire, même si parler de sex toys, dans un paragraphe ou j’ai évoqué mes enfants peut sembler un peu incongru.

Offrir ou recevoir quelque chose c’est toujours un moment particulièrement délicat. Je me souviens de la pub pour la machine à café Senseo. Vous savez, les gens recevaient des cadeaux hyper reconnaissables, même emballés, une raquette de tennis ou une motobylette. Et face à l’évidence, ils disaient « Ooooh, une machine à café Senseo », mes zygomatiques tremblent  encore quand j’y pense. Il y a deux ans, j’avais dit à l’Homme, pour faire antimatérialiste, que je ne voulais RIIIEN ! J’avais cependant laissé traîner sur la table du salon quelques magazines ou autres catalogues de bijoux, espérant une bague (pour décorer mon doigt hein, pas une bague d’engagement, je précise). Lorsque je l’ai vu comploter avec ma grande fille, j’étais discrètement aux anges. Jusqu’à ce que je découvre que le paquet faisait bien 50cm de long sur 30 de large… Evidemment, j’me suis écriée « oh, une machine à Café….. ». Parfois, je me dis qu’il vaut mieux le savoir à l’avance histoire de se préparer une tête de circonstance. Mieux vaut une joie feinte qu’une rectorragie soudaine dûe au choc et à la déception, non ? Donc, la semaine dernière, j’ai tenté de percer le mystère, j’ai fait un genre de chantage sexuel à l’Homme afin qu’il me dévoile ses intentions avant l’heure. Et dans une conversation qu’il avait orientée à mon insu, j’ai dit que le cabaret brestois, je n’avais pas très envie d’y aller puisque j’avais passé une soirée au LIDO cet hiver. Face à sa mine déconfite, j’ai compris que j’avais merdé.

L’année dernière, j’ai eu trente ans. Trente ans, ça fait peur. En tout cas, moi, ça m’effraie. Avoir trente ans, c’est définitivement avoir terminé la vingtaine. Ça peut sembler débile, mais jusque 29 ans, même si tu pressens que là, tu commences à vieillir, tu peux toujours te dire que ton âge commence par un 2 et que tu es encore dans la tranche d’âge la plus cool qui soit. Quand j’étais jeune, je pensais que les gens de trente ans :

– étaient comme ce que j’imagine des cinquantenaires d’aujourd’hui : concupiscence morte, croûtes bizarres dans certains plis, vendredis soirs tristes devant l’émission de variété de TF1 (quoi ? Y a pas de variété sur la Une le vendredi soir ?)…

– Cuisinaient parfaitement bien et passaient leur temps à faire en sorte que leur maison soit nickel, à grands coups de wassingues javellisés et parfumées à l’eucalyptus.

-avaient un vocabulaire riche et étendu et n’avaient pas besoin d’un dico pour placer eschatologie dans une phrase.

– ne parvenaient plus à déconner 5 minutes car trop pris par leurs nombreuses activités d’adultes responsables.

– Portaient des bigoudis le soir, étaient aussi poilus que des portugaises, limitant ainsi le désirdu sexe opposé à entamer un combat de Gouren enflammé.

C’est pour ça que je refusais catégoriquement de m’y soumettre.

Mais, c’est arrivé… J’ai un peu surjoué le jour J. J’ai fait semblant que je ne voulais pas me lever de la journée. Je suis restée ronchonchon sous la couette jusqu’à ce que mon Bro vienne me mettre une chiquenaude sur la joue histoire que je sorte de mon lit. Il m’attendait en bas, avec des bières et des cacahuètes, champion de l’antinomisme le Bro ; en général, à 10h du mat’ je bois plutôt du café !

J’ai alors compris qu’avoir trente ans pouvait être bien plus trash que je ne me l’imaginais… Parce que la réalité, c’est que je ne suis pas DU TOUT d’accord avec le fameux « il y a un âge pour tout ».  Il parait que « c’est entre trente et trente et un an que les femmes vivent les dix meilleures années de leur vie »*, dans une certaine mesure, je crois bien que l’année qui vient de s’écouler peut parfaitement confirmer cette phrase totalement saugrenue. En 365 jours, j’ai réussi à accomplir des trucs plus ou moins fous et à comprendre beaucoup de choses sur les autres mais surtout sur moi.

– J’ai fait des paris débiles et j’ai gagné. Certains d’entre vous ont douté que je sois capable de faire danser St Corentin… Pourtant, samedi au moment du Tea Time, on a installé notre Beat Box sur la terrasse du 21 ème et on a fini en photo couleur sur les premières pages de la ville de Quimper. N’en déplaise aux phacochères ! Pour le coup, on a vraiment été à la hauteur de nos ambitions ! Na !

 

 

 

 

– Je me suis mise à explorer le monde de la nuit. Au début, j’me suis dit « Oh, chouette, plein d’amis » ! Je suis arrivée naïve et sans défense. C’est époustouflant, la rapidité avec laquelle tu te fais des potes quand t’es en boîte ! Mais, je vous reparlerai de ça en détails dans peu de temps…

– J’ai découvert que j’aimais écrire. Vraiment. J’adore ça. Le soir, lorsque je m’endors, des phrases me viennent, je cherche des mots tarabiscotés, je réfléchis à des formules drôles, j’essaie de trouver quels sujets pourront vous intéresser… L’année de mes trente ans, j’ai  rendu mon temps libre productif.

 

Mais l’année de mes trente ans, j’ai aussi failli perdre mon chicken Loop, je l’avais détaché, voulais choisir moi-même ma direction et arrêter de me laisser tracter par le vent. J’ai pensé à ce que je possédais, ce que j’avais construit ; la famille, la vie de couple, le prêt sur 25 ans, un métier qu’il faudrait que je pratique pendant plus de quarante ans… L’année de mes trente ans, j’ai paniqué. J’ai compris que la vie était une succession de choix qui dessinaient la suite des évènements et qu’il ne fallait pas se planter. J’avais perdu de vue que le bonheur, c’était exactement ce que j’avais sous les yeux.

J’ai décidé de me raccrocher au wagon in extrémis.

Parce que la vérité, c’est que quand tout va bien, il y a un genre de mécanisme d’auto-défense qui se met en place. Et si je perdais tout ça ? Certains sabotent eux-mêmes leur bonheur en se créant des névroses, je ne sais pas pourquoi. Je connais beaucoup de gens comme ça. Pour ces gens-là, fragiles, leur anniversaire est un jour terrifiant, parce qu’il leur rappelle tout ce qu’ils n’ont pas encore fait. Sérieusement, soyez Zen. Le temps passe, c’est comme ça, mais ne vous mettez pas la pression. Cette année pour mon anniversaire, je veux juste être avec les gens que j’aime et j’ai hâte de voir mon bizien sortir sa guitare et chanter de sa voix cristalline qu’il me souhaite un joyeux anniversaire avec ses vœux qui seront POUR DE VRAI les plus sincères (il ne va jamais en boîte, lui) !

 

 

 

*Sacha Guitry

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